Peut-on écrire une bonne nouvelle sans plan détaillé au départ ?

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By Adeptedulivre

Un plan détaillé, une fiche personnage complète, un déroulé précis de chaque scène : c’est souvent l’image qu’on se fait d’un « vrai » travail d’écriture avant même de poser le premier mot. Résultat, beaucoup de jeunes auteurs repoussent leur projet de nouvelle, persuadés qu’il faut absolument tout structurer à l’avance sous peine de ne jamais aboutir. Cette idée est pourtant loin d’être universelle.

Deux façons d’écrire, aussi valables l’une que l’autre

Dans le monde de l’écriture, on distingue souvent deux grandes familles d’auteurs. D’un côté, les « architectes » : ils bâtissent leur histoire comme on dessine les plans d’une maison. Avant d’écrire la première phrase, ils savent déjà comment leur récit commence, se développe et se termine. Ils notent parfois les traits de caractère de chaque personnage, l’enchaînement des événements, voire le nombre de scènes prévues.

De l’autre côté, les « jardiniers » plantent une graine, une idée, une image, et regardent ce qui pousse au fil de l’écriture. Ils démarrent avec une situation ou une émotion en tête, sans savoir précisément où leur histoire va les mener. Le récit se construit alors par petites découvertes successives, au fur et à mesure que le texte avance.

Aucune de ces deux méthodes n’est supérieure à l’autre. Certains auteurs très reconnus travaillent avec des plans minutieux, d’autres écrivent leurs meilleurs textes sans jamais poser une structure à l’avance. Ce qui compte, c’est de trouver la méthode qui correspond à sa propre façon de penser, pas de se forcer à copier une manière de faire qui ne convient pas.

Pourquoi la nouvelle se prête bien à l’écriture spontanée

La longueur d’une nouvelle change beaucoup de choses. Sur quelques pages, il est possible de garder l’ensemble de son histoire « en tête » sans se perdre en cours de route. On se souvient facilement de ce qu’on a écrit trois paragraphes plus tôt, du nom du personnage principal, du détail qu’on a glissé au début et qu’on veut faire ressurgir à la fin.

Sur un roman, l’absence de plan peut vite devenir un handicap : trop de personnages, trop de fils narratifs, trop de chapitres pour tout retenir sans un minimum de repères écrits. Sur une nouvelle, ce risque est beaucoup plus limité. C’est justement ce format court qui permet à l’écriture spontanée de fonctionner sans trop de danger : on peut se lancer avec une scène de départ, une ambiance, une phrase qui trotte dans la tête, et laisser l’histoire se dérouler naturellement jusqu’à sa chute.

Le minimum à garder en tête même sans plan détaillé

Écrire sans plan ne veut pas dire écrire sans aucun repère. Même les auteurs les plus spontanés gardent généralement quelques points d’ancrage en tête avant de commencer.

Le premier repère, c’est l’émotion ou la chute vers laquelle on veut mener le lecteur. Une nouvelle réussie donne souvent l’impression d’aller quelque part, même si le chemin exact n’était pas connu au départ. Savoir si on veut surprendre, émouvoir, faire sourire ou inquiéter aide à garder un cap, même vague.

Le deuxième repère concerne le personnage central. Il n’est pas nécessaire de tout savoir sur lui avant d’écrire, mais il est utile d’avoir une idée de ce qui va faire basculer sa situation : un événement, une rencontre, une décision qui change quelque chose dans son quotidien. C’est souvent ce basculement qui donne sa dynamique à une nouvelle.

Le troisième repère, c’est d’accepter la réécriture. Une fois l’histoire terminée, il est presque toujours nécessaire de relire son texte pour resserrer ce qui s’est égaré en cours d’écriture : une scène trop longue, un détail incohérent, une fin qui traîne. C’est souvent à cette étape que les auteurs qui écrivent sans plan retrouvent la structure qui leur manquait au départ, en coupant ou en réorganisant ce qui ne sert pas l’histoire.

Se lancer, quitte à ajuster sa méthode en cours de route

Il n’existe pas une seule bonne méthode pour écrire une nouvelle réussie. Certains ont besoin d’un plan pour avancer sereinement, d’autres écrivent mieux en se laissant surprendre par leur propre histoire. L’essentiel reste de se lancer, d’essayer, et d’ajuster sa façon de travailler après quelques tentatives, plutôt que d’attendre d’avoir « la » méthode parfaite avant d’écrire le premier mot.

Pour celles et ceux qui souhaitent tenter leur chance avec leur nouvelle, quelle que soit la méthode choisie pour l’écrire, le Prix Clara propose un cadre accessible pour se lancer et faire lire son texte. En savoir plus sur les modalités de participation permet de connaître les conditions à respecter avant l’envoi de sa nouvelle.

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